Réponse de Vrai

le 28 juillet 2020

Bonjour Isabelle, 

Nous vous remercions pour votre participation à la consultation Les Vraies Questions. Tous les 15 jours, nous répondons à la question ayant obtenu le plus de votes. Cette fois, les participants ont choisi votre question. 

Vous nous avez demandé si nous rémunérons nos producteurs partenaires au-dessus du prix du lait du marché et comment ce prix était défini. La réponse à votre question repose sur de nombreux facteurs, parfois complexes, qui méritent d’être détaillés. 

 

Tout d’abord, il faut savoir que le prix du lait que nous achetons à nos producteurs est défini selon de nombreux critères, à tel point que nous avons presque autant de prix que de producteurs. 

 

Chez Vrai et chez Triballat Noyal (l’entreprise familiale à laquelle appartient Vrai), nous définissons le prix d’achat du lait au minimum une fois par an, avec les organisations des représentants des producteurs. Ces moments sont essentiels pour échanger sur nos enjeux respectifs, parler de nos environnements et ainsi, définir une projection de l’évolution du prix payé tout au long de l’année. Nous sommes convaincus que c’est ainsi que nous maintiendrons une relation équilibrée et pérenne avec eux. 

 

Avec ces représentants de producteurs, nous discutons d’un prix de base du lait bio auquel nous ajoutons des primes. 

Ces primes reposent sur des formules de calcul collectivement convenues, qui intègrent plusieurs aspects : 

> Le type de lait (vache, brebis ou chèvre). Par exemple, un lait de brebis coûte jusqu’à 3 fois plus cher qu’un lait de vache, car l’animal produit 16 fois moins qu’une vache.

> La qualité sanitaire du lait. Par exemple, le taux de cellules ou de germes sera pris en considération. 

> Sa richesse en matière grasse et en protéines

> Les coûts de production, notamment ceux de l’alimentation des animaux 

> La saisonnalité, pour nous assurer un approvisionnement régulier en lait frais, tout en garantissant aux producteurs une meilleure rémunération lorsque les coûts de productions sont plus élevés et les volumes plus faibles. Par exemple, un lait de printemps coûte moins cher à produire qu’un lait en hiver.

> Le respect d’un cahier des charges spécifique, prenant en compte les races du troupeau, l‘alimentation 100% française et les méthodes pratiquées au sein de l’élevage. Par exemple, une prime est octroyée aux producteurs qui ne pratiquent pas l’ensilage.

> Tout un ensemble de chiffres qui nous sont fournis par France Agrimer (une structure d’état) comme les prix de vente réels en France ou dans d’autres pays européen, ou l’évolution des coûts de production du lait pour les producteurs.

Pour être au plus proche de la réalité du terrain, ces formules de calcul s’adaptent à chaque type de lait, selon leur localisation :

> Vache bio en Normandie

> Vache bio en Bretagne

> Brebis bio à Noyal (en Bretagne)

> Chèvre bio à Noyal (en Bretagne)

> Brebis bio en Lozère
 

Ce qu’il faut également savoir, c’est que ce prix du lait que nous définissons ensemble est un prix anticipé. Compte tenu des évolutions possibles (coût de production, prix de revente aux distributeurs…), nous ne savons qu’après si ce prix était “juste” ou non. En revanche, en cas de désaccord, nos producteurs peuvent décider de changer de laiterie. Et comme le marché du lait bio est en croissance, il est plus simple pour nos producteurs de changer que pour les producteurs de lait conventionnel. Nous avons donc tout intérêt à proposer un prix “juste”.

Les prix d’achat des autres laiteries (ce que vous appelez certainement le prix du marché dans votre question) est donc un critère important dans la définition du prix du lait, mais ce n’est pas le seul. Nous devons aussi prendre en compte le prix de vente de nos propres produits. Le prix d’achat du lait aux producteurs est donc défini en fonction de tout un écosystème, du producteur jusqu’au distributeur. 

 

Enfin, pour tenter de répondre à votre question plus directement, nous nous situons dans la moyenne en ce qui concerne le prix de base du lait bio par rapport aux autres marques de produits laitiers de vache qui ont un cahier des charges qui se rapproche du nôtre (il n’existe que peu de points de comparaison officiels sur le lait de brebis ou de chèvre). Mais nous avons de nombreux mécanismes d’aides complémentaires (notamment à l’installation ou lors d’une conversion de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique) et tout un nombre de mécanismes de soutien que nous avons mis en place pour donner plus de garanties à nos producteurs, pour leur apporter des preuves concrètes de notre engagement à leur côté et pour vous garantir des produits de qualité. 

Par exemple, depuis cinq ans, nous garantissons aux producteurs de lait de vache un prix minimum malgré les fluctuations du marché français. 
 

Nous comprenons que ce sujet puisse sembler complexe vu de l’extérieur, mais nous espérons que notre réponse aura été compréhensible et à la hauteur de vos attentes.

La relation qui nous unit à nos producteurs-partenaires a toujours été au coeur des valeurs de Triballat et sera évidemment le pivot de nos engagements futurs.

Chez Vrai, depuis toujours, nous avons fait le choix du local et du bio. Consommateurs, producteurs, acteurs de la filière laitière, nous avons tous un rôle à jouer, chacun à notre niveau, pour soutenir l’agriculture française qui propose des produits laitiers bio de qualité.

Nous vous remercions une nouvelle fois d’avoir participé à notre consultation. Ce sont vos questions qui nous permettront d’aller plus vite et plus loin dans nos engagements. 

Bien à vous,
L’équipe Vrai